Celeste

Celeste est une artiste britannique d’origine américaine, mais c’est surtout une nouvelle manière d’aimer la soul. Avec sa voix si particulière et ses inspirations allant de la soul au R’n’B en passant par le Hip-Hop, elle arrive à proposer une musique dont la simplicité nous échappe, mais dont la qualité est bien palpable.

Nous avons eu la chance de rencontrer la nouvelle protégée de chez Mercury au Nouveau Casino le 15 Mai dernier dans le cadre de l’Oberkampf Music Festival. La pépite britannique nous parle de son énergie créatrice, de ses influences, ou encore de l’importance familiale dans le sens de ses textes. Point d’orgue, elle nous offre une sublime version live de son titre Lately!

On vous laisse avec un podcast à écouter bien à l’aise avec un bon jus de fruits frais, ainsi qu’une interview écrite plus complète pour les plus curieux d’entre vous.

Belle écoute sur Radio 17bis 🎶

TRACKLIST :

  • Celeste – Lately
  • Celeste – Father’s son
  • Celeste – Land of milk and honey
  • Nina Simone – I put a spell on you
  • Aretha Franklin – Respect

 

Voici l’interview dans son intégralité et traduite :

– On peut noter énormément d’influences différentes concernant ta musique, c’est quelque chose dont tu es consciente ou cela se fait de manière implicite ?

CELESTE :   Je pense que je ne m’en rends pas compte lorsque j’écris, mais il est certain que toutes ces influences agissent en filigrane sur ce que je produis.

 

– Pour rebondir sur ce sujet, il paraît que tu as découvert le R’n’B et le Hip-Hop en regardant qui avait samplé les classiques que tu aimais tant, tu le fais encore aujourd’hui ?

Oui j’écoute encore beaucoup de musique sur Youtube, j’ai gardé cette habitude depuis le temps où j’ai commencé à chercher des nouvelles sonorités de mon côté. Mais j’aime aussi découvrir les goûts des autres, de mon groupe ou de compositeurs de jazz par exemple. J’aime beaucoup leurs recommandations!

 

– Tu as expliqué que les moments les plus durs de ta vie t’inspiraient beaucoup, est-ce que ta musique est forcément une transcription de tes émotions personnelles ? Ou tu crées un univers à partir de rien ?

J’essaye toujours d’écrire en accord avec ce que j’ai vécu dans la vraie vie, mais j’ai aussi eu des moments où je me suis enfermée dans mon monde pour y créer des choses inédites. J’essaye la plupart du temps d’être la plus honnête possible , et si ça ne marche pas avec moi-même j’écris sur les autres (rires).

 

– Il paraît que tu pars toujours d’un bon titre pour écrire le texte qui en découle, ça ne dépend que de ça ? Quel est ton processus de création ?

En effet j’aime beaucoup avoir un titre de prêt car cela catalyse mes idées, si je n’en ai pas je tente quelques mélodies et je laisse la musique me guider.

 

– Tu travailles avec des musiciens de jazz, tu penses que les artistes d’aujourd’hui ont un rôle concret pour faire connaître les racines de la musique moderne comme le jazz ou la soul ?

La plupart du temps je travaille avec ces personnes plus que je ne compose! Au sujet de cette responsabilité, c’est assez lourd à porter comme fardeau, peut-être que je ne suis pas parfaitement les règles mais les gens ont l’air de bien aimer quand même.

 

– Il y a un adage en musique qui dit que la simplicité est très dure à atteindre ? Comment tu y arrives si facilement ?

Il faut surtout ne pas y penser, et se laisser porter par ce que notre esprit veut transmettre.

 

– Tu peux nous expliquer ce que tu as voulu transcrire dans « Father’ son » ?

Cette chanson était l’occasion pour moi de transcrire toutes les questions que je n’avais jamais pu poser à mon père, car il n’était pas là dans ma vie lorsque j’étais petite. Le but était de comprendre les parties de moi qui étaient similaires aux siennes, certains aspects qui ne se traduisaient pas physiquement parlant.

 

– On a beaucoup aimé tes clips ici au 17bis , comment se passe la réalisation de ce genre de projet ? A quel degré se situe ta contribution personnelle ?

Je conceptualise le plus souvent la plus grande partie du film , je vais voir le réalisateur avec mes idées et il m’aide à rassembler ces dernières de manière à ce qu’elles soient réalisables dans la mesure du possible.

Par exemple pour le morceau Lately j’avais pour idées de nombreux plans et le scénario, mais je ne savais juste pas comment faire les transitions entre ces idées. Le réalisateur (Sam Hiscox ,ndlr) m’a donc beaucoup aidée pour cela. J’avais préparé les grandes lignes bien avant notre rencontre donc oui on peut dire que je suis très impliquée dans ce type de projet. Si le titre que j’écris me plaît les idées de vidéo arrivent elles aussi! Je suis pas mal influencée par des inspirations visuelles quand j’écris donc la transcription de ces chansons vient un peu naturellement.

 

– Tu as donc des références cinématographiques qui te viennent en tête lorsque tu écris ?

Oui! En particulier les vieux films en noir et blanc, les films muets, je trouve qu’ils dégagent un certain charme, je suis plutôt romantique!

 

– Ton histoire est partagée entre les USA et la Grand Bretagne, tu penses que ça a influencé tes goûts ?

Je me suis toujours identifiée comme anglaise, mais je suis retournée aux USA il y a peu de temps pour faire de la musique ! Ca a été pour l’occasion de redécouvrir ce pays, une mère patrie au final (rires). Les différents lieux où tu vis te donnent une certaine confiance pour écrire, et t’inspirent différemment du fait des gens avec lesquels tu t’entoures.

 

– Même si ta musique ne semble pas sonner directement Hip-Hop on peut ressentir cela en filigrane comment tu expliques cela ?

Je pense que le Hip Hop s’inspire naturellement de beaucoup de genres de musiques comme le blues le jazz ou encore la soul. J’ai découvert pas mal de choses avec le Hip-Hop comme le sampling et les références instrumentales qui sont cachées un peu partout dans ce type de son.

 

– Ton morceau « Somebody » a été choisi comme musique de fin du documentaire « They’ve got to have us » de Simon Frederick pour la BBC , tu ressens souvent la dimension politique de ta musique ?

Je pense que ce sont des choses qu’il m’arrive de faire sans même y penser, car elles sont présentes tous les jours dans nos têtes . Le film de Simon Frederic était très bon donc je voulais évidemment y apporter ma contribution et je suis très heureuse que ce film ait bien été accueilli. Je ne pense pas exposer énormément mes opinions mais je veux montrer qu’elles sont là par la partition à ce genre de projets par exemple.

 

 

– Qu’est-ce que tu imagines comme point culminant de ta carrière ? Que les gens chantent tes chansons dans les karaokés ?

(rires) J’espère que j’aurai l’occasion de me produire très longtemps, je suis très heureuse lorsque j’arrive à tirer de la fierté de mes compositions et voir que ça aide de nombreuses personnes.

 

– Dernière question : si tu avais un morceau qui a changé ta vie, lequel nous présenterais-tu?

Je me souviens de manière très limpide de deux chansons lorsque j’étais petite, que mon grand-père mettait dans la voiture. Il y avait Nina Simone et Aretha Franklin, je me souviens encore de la sensation que j’ai eu en les entendant pour la première fois.

Ces femmes m’ont poussé à faire de la musique car je n’avais jamais entendu de telles voix précédemment.  Elles sont une des raisons pour lesquelles j’écoute tout le temps de la musique .

 

Merci à Celeste pour cette interview et cette live session, ainsi qu’à La Mission de nous avoir permis de la rencontrer!

Pour écouter les morceaux de Celeste ou la voir en live, n’hésitez pas à la suivre sur @Celeste ou @Celestewaite